Vins de Loire

Août 2017


Présentation

Voici une région viticole très vaste. Avec ses 70 000 hectares de vignobles, elle s'étend en effet sur pas moins de 13 départements, de la Côte Atlantique à l'Auvergne. Elle se place ainsi à la 4ème place des plus grands vignobles de France. En tout, ce sont 7 000 exploitations qui œuvrent au service de 63 AOC, et qui produisent en moyenne 400 millions de bouteilles.
Ces vins - pour 75 % des blancs - sont réputés et très appréciés en France et ailleurs, à commencer par le Royaume-Uni et la Belgique. Une bouteille sur cinq est d'ailleurs exportée.

Par ailleurs, les vignes suivent les rives de la Loire et de ses affluents. Elles bénéficient alors de paysages et d'une architecture particulièrement remarquables. Ainsi, les villes historiques et les châteaux situés entre Chalonnes-sur-Loire et Sully-sur-Loire ont permis à cette zone d'être classée au Patrimoine Mondial de l'UNESCO.


© INTERLOIRE

Particularités du climat et du sol

De façon générale, la véritable caractéristique de ce vaste territoire qu'est le Val de Loire, réside dans l'existence de microclimats, tout à fait bénéfiques à la culture viticole, qui sont en grande partie responsables de la grande diversité des vins. On peut distinguer trois zones climatiques :
  • La région nantaise et l'Anjou subissent des influences océaniques, avec des hivers cléments et un été bien ensoleillé.
  • La région de Saumur, quant à elle, se trouve sous un climat semi-océanique, c'est-à-dire que ses variations saisonnières sont plus marquées.
  • La région de Touraine penche plutôt vers le climat continental, et c'est notamment dans cette zone, grâce aux vallées qui se succèdent et à l'influence de la bise du nord-est que se remarque les fameux microclimats.


A savoir également que la Loire et ses nombreux affluents accentuent cette multiplicité par leur rôle de "tampon".

D'un point de vue géologique, la région présente deux profils dominants. Ainsi à l'ouest, vers la région d'Anjou, le sous-sol est composé d'ardoises ou de carbonifères (un mélange de calcaire et de charbon) hérités du Massif Armoricain. A l'est, on retrouve les influences du Bassin Parisien. Le sous-sol y est composé de craie et les sols sont argilo-calcaires voire siliciens. Les bords de Loire sont constitués de terrasses de sable et de graviers.

Les appellations

Les vins sont si nombreux et si différents qu'il est difficile d'en établir un profil-type. On peut toutefois les différencier selon trois zones de production.
  • Pour commencer, la Basse-Loire se situe à l'ouest, dans la région de Nantes. Son vin vedette est le Muscadet (AOC). Mais sont aussi produits ici des Appellations d'Origine Vin Délimité de Qualité Supérieure (AOVDQS) tel que les Coteaux-d'Ancenis, le Gros-Plant, les Fiefs Vendéens...
  • Puis, on arrive en Centre-Loire, avec, d'une part les vins d'Anjou et de Saumur, d'autre part les vins de Touraine. En Anjou et Saumur, les appellations sont foisonnantes. De façon schématique, on peut dire qu'autour de la rivière du Layon, on produit surtout des blancs, tandis que vers Saumur, on entre dans une production de vins rouges et de vins effervescents. Les noms à retenir sont, entre autres, l'Anjou et l'Anjou Coteaux-de-la-Loire (AOC), le Cabernet d'Anjou et le Cabernet de Saumur, les Coteaux-du-Layon, et le Saumur.

Quant aux vins de Touraine, s'ils sont aussi très nombreux, il convient de retenir que les fameux Bourgueil, Chinon, Touraine, Valençay, Vouvray et autres Crémant de Loire viennent d'ici.
  • Enfin, à l'est, on entre sur le territoire de Sancerre et de Pouilly-sur-Loire. Le Sancerre, et les appellations qui s'en approchent, Coteaux-du-Giennois et Quincy (AOC), Menetou-Salon et Reuilly, ainsi que le Pouilly fumé sont des vins blancs de très grande réputation. Ils produisent également quelques rouges et rosés.


Il ne faut pas oublier les vins du cours supérieur de la Loire : quatre vignobles de montagnes produisent deux AOC, les Côtes Roannaises et les Côtes du Forez, ainsi que deux AOVDQS, le Saint-Pourçain et les Côtes d'Auvergne.

Conservation

Cépages et capacité de garde

Le Val de Loire fournit une vaste gamme de produits : des vins rouges fruités et des rosés, toujours légers, des vins blancs secs, doux, demi-secs et des vins mousseux. S'ils ont bien un point en commun, il réside dans le fait que la grande majorité d'entre eux sont issus d'un seul cépage. Quelques rares exceptions, comme le Châteaumeillant ou les Coteaux-du-Giennois par exemple, sont le fruit d'assemblages. Ces cépages sont locaux, mais aussi empruntés à la Bourgogne et à la région bordelaise.

En Anjou, les plus utilisés sont le Chenin, le Cabernet franc, le Cabernet sauvignon et le Gamay.

En Saumur et Touraine, le Sauvignon et le Pinot Noir prédomine.

Tandis que dans le Centre, enfin, on trouve du Grolleau, du Pinot Meunier, du Pineau d’Aunis, du Romorantin

D'une manière générale, on utilise le Chenin blanc, le Sauvignon et le Melon pour réaliser le vin blanc.

D'ouest en est, voici un survol des grands noms des vins de cette région, des cépages qu'ils renferment et de leur capacité de garde.

Le Muscadet, vin blanc sec en grande majorité, qui existe aussi en doux, est produit à partir du cépage Melon dans toute la zone de Nantes. Il se boit jeune (jamais plus de 2 ans d'âge). A lui tout seul, il représente un quart de la production totale de vins de la vallée.

L'Anjou produit, pour moitié, des rosés qui font sa réputation. Mais il existe aussi en rouge et en blanc. Il est issu du Cabernet franc, du Grolleau et du Cabernet sauvignon. Rouge, ce vin léger peut passer entre 2 et 6 ans dans votre cave. Rosé, buvez-le avant sa deuxième année. Les blancs sont produits à partir des cépages Chenin blanc, Savagnin et Chardonnay. Ils se conservent jusqu'à 3 ans.

Les Coteaux du Layon sont très connus pour leur vin blanc doux, mais aussi pour leur demi-sec. A base de Chenin blanc, ces vins peuvent rester en cave entre 10 et 20 ans.

Quant aux vins de Saumur, ce sont avant tout des rouges légers et fruités. Issus du Cabernet franc et Sauvignon, ils se gardent entre 2 et 8 ans. On y fait aussi des blancs secs et mousseux, nerveux, à base de Chenin blanc et de Chardonnay qui, eux, ne doivent pas passer plus de 3 ans dans votre cave.

En ce qui concerne la région Centre, les rouges et les rosés sont issus de Gamay, de Cabernet franc, de Pinot noir mais aussi de Malbec et de Pineau. Le rouge est à boire entre 2 et 7 ans. Le rosé, lui, ne peut guère attendre plus de 2 ans. Quant aux blancs secs et mousseux, ils sont le fruit du Chenin blanc et du Sauvignon : dégustez-les entre leur première et leur quatrième année.

Le vignoble de Bourgueil, lui, ne produit quasiment que du vin rouge fruité à base de Cabernet franc. Il peut rester en cave de 3 à 10 ans. On y fabrique tout de même un rosé, sec. Celui-ci représente moins de 5 % de la production. Il est parfait entre 2 et 5 ans.

Les Vouvray sont produits dans huit villages différents, sur la rive droite de la Loire, à partir de Chenin blanc uniquement. Doux, dune belle couleur ambrée, vous le garderez jusqu'à un siècle ! Sec, il est épanoui entre 5 et 25 ans. Demi-sec, ne le gardez pas plus de 2 ans et mousseux, consommez-le entre 1 et 4 ans.

Pour finir, n'oublions pas le Pouilly fumé (issu du cépage Sauvignon) et le Pouilly-sur-Loire (cépage Chasselas). Secs et épais, vous pouvez les garder entre 1 et 5 ans. Tout autant que le Sancerre d'ailleurs, un vin blanc sec nerveux à base de Sauvignon blanc (qui existe aussi en rouge, léger et parfumé).

Dégustation

Les rouges

La plupart d'entre eux sont parfaits pour accompagner les grillades de viandes et de poissons ainsi que le gibier à poil et à plume (un régal avec la terrine de lièvre !)
  • Anjou : parfait avec la viande rouge, le camembert et le crottin de chavignol.
  • Bourgueil : un délice avec des fromages comme le port-salut, le reblochon ou encore le gouda et le saint-nectaire.
  • Châteaumeillant et Coteaux du Giennois : les meilleurs amis de l'agneau
  • Sancerre, Menetou, Reuilly : ils accompagnent les plats mijotés de boeuf et de volaille, à commencer par le coq au vin et la queue de boeuf.
  • Saumur : idéal avec les fromages de chèvre et le saint-nectaire avant tout.
  • Touraine : il révèle la plupart des fromages et la viande rouge.


Légers, leur température idéale de dégustation oscille entre 14 et 16°C. Lorsqu'ils sont plus structurés, il faut aussi les boire plus chauds (entre 15 et 17°C).

Les rosés

  • Anjou : le compagnon idéal des buffets de viande froide.
  • Reuilly : il sublime les desserts à base de fruits, notamment la tarte tatin et la tourte aux poires
  • Sancerre et Menetou : la galette de pommes de terre typiquement régionale, la volaille, les plats aux saveurs exotiques n'attendent qu'eux. Dégustez-les bien frais, idéalement à 6 ou 8°C.

Les blancs

Quels qu'ils soient, ce sont les vins de circonstance pour l'apéritif.
Toutefois, sachez qu'ils se marient très bien avec les spécialités régionales. Ainsi, ils sont l'accompagnement idéal du pâté de Pâques, la fameuse tourte berrichonne à base de veau, de chair à saucisse et d'oeuf. Ils sont aussi parfaits servis avec les poissons d'étangs (sandre, brochet...), qu'on ne compte plus dans cette région.

Enfin, autres spécialités du Val de Loire, les fromages de chèvre. Là aussi, en fonction du fromage et de son degré d'affinage, tout le panel des vins blancs s'y prête merveilleusement (avec un penchant pour le Sancerre).

Par contre, selon leur âge vous pouvez les servir à d'autres occasions. S'ils sont jeunes, ils passent à table avec les huîtres et les fruits de mer. Ils doivent toutefois avoir un à deux ans pour être à la hauteur de l'huître chaude. A partir de 3 ans, ils sont prêts pour les plats de veau à la sauce blanche, les grillades de viandes et de poissons et les plats à base de pommes de terre. Gardez les plus vieux (ou issus de vielles vignes) pour les crustacés tel que le crabe et le homard, la tête de veau, les plats à base de lentilles, et surtout pour le foie gras.

Enfin, il faut parfois préférer certaines appellations. Voici quelques accords supplémentaires pour vous aider à y voir encore plus clair :
  • Anjou : c'est le vin du poisson et du chabichou.
  • Coteaux du layon : idéal pour le livarot et le maroilles, n'en négligez pas pour autant son arôme de miel et de figues qui en fait un parfait vin de desserts.
  • Muscadet : incontestablement divin avec l'huître et les fruits de mer. N'hésitez pas non plus à le boire à l'apéritif, son petit goût de fleurs blanches, d'anis ou d'agrumes s'y prête très bien.
  • Pouilly fumé : un goût unique et envié des producteurs du monde entier, qui met en valeur le saumon, le veau, ou simplement le poulet ou encore le crottin de Chavignol.
  • Vouvray : ces vins pétillants sont les compagnons parfaits pour un poulet ou du veau, préparés à la sauce blanche. Ils aiment aussi les fruits, et les fromages tel que le livarot, le camembert ou encore le cabécou.


Si vous avez choisi un blanc sec ou à fines bulles, servez-le à 6 ou 8°C. Par contre, si vous optez pour un demi-sec ou un moelleux, dégustez-le lorsque sa température est comprise entre 8 et 12°C.

Pour aller plus loin

Si vous avez des astuces, des idées, des questions, etc... Rejoignez-nous sur le Forum Cuisine de JDF !

A voir également

Publié par Crashounette.
Ce document intitulé «  Vins de Loire  » issu de Cuisiner (cuisiner.journaldesfemmes.com) est mis à disposition sous les termes de la licence Creative Commons. Vous pouvez copier, modifier des copies de cette page, dans les conditions fixées par la licence, tant que cette note apparaît clairement.